samedi, 25 mars 2006

TERRE

J’ai marché pied nus et pour la première fois, j’ai sentie la terre. J’ai sentie sous ma peau s’afficher ses couleurs brunes, craquer ses os et sa fortune.

J’ai caressé ses reliefs en petit homme. Je l’ai trouvé belle, ronde et fertile.
Au loin, elle embrassait le ciel, elle tourmentait les villes, partout elle était là : bosselée et pleine.
Je l’ai vu arrogante, ne touchant les mers que pour le plaisir d’être effleurée.
Je l’ai vu fière qui tutoyais les nuages ou timide ; drapée de brumes. Je l’ai vue noire, sanguine ou blonde. Je l’ai vu croire en ce monde et pleurer sur sa prison.

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